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Alexandre Stavisky vu par Patrick Modiano

 

  Alexandre Stavisky est un escroc flamboyant (1886-1934) évoqué à plusieurs reprises par Patrick Modiano dans ses livres.

 

● Eléments de biographie

Alexandre Serge Stavisky naît le 20 novembre 1886 en Ukraine, dans une famille juive.

Il est naturalisé français en 1910. Intelligent, séducteur, beau parleur, il entame très jeune une carrière d’escroc. Il commence par voler l’or des prothèses dentaires de son père, dentiste. Puis il s’associe à son grand-père pour la gérance du théâtre des Folies-Marigny, à Paris, dont ils partent avec la caisse.

Suivront de nombreuses affaires, dont une, en 1926, lui vaut dix-huit mois de prison à la Santé, à Paris. En vingt ans, il fait l’objet de 84 plaintes…

 

Celle qui le fera définitivement tomber, malgré ses appuis dans les milieux économiques et parmi les hommes politiques, c’est l’« affaire des bons de Bayonne ». Sous le pseudonyme de Serge Alexandre, et avec la complicité du député-maire de la ville, Dominique-Joseph Garat, il réussit à détourner plus de 200 millions de francs au détriment du Crédit municipal de Bayonne.

Le pot-au-rose est découvert fin 1933. Recherché, Stavisky prend la fuite. La police le piste jusqu’au « Vieux logis », son chalet près de Chamonix. Mais quand elle pénètre dans la maison, le 8 janvier 1934, un coup de feu retentit, et les policiers découvrent « Monsieur Alexandre » agonisant, la tête traversée par une balle.

 

Scandale. Crise politique. « Stavisky se suicide d’un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant », titre « Le canard enchaîné ». L’affaire, symbolique d’un régime miné par la crise et la corruption, contribue à la chute du gouvernement Chautemps et au déclenchement des émeutes antiparlementaires du 6 févier 1934.

 

A noter : le policier Pierre Bonny, futur responsable de la « Gestapo française » de la rue Lauriston et lui aussi évoqué à plusieurs reprises par Modiano, est l’un de ceux qui mènent l’enquête sur la mort de Stavisky. Ses méthodes lui valent d’être suspendu, sur le point d’être révoqué, lorsqu’il retrouve soudain une pièce à conviction, les talons de chèques de Stavisky. Il est alors réintégré dans ses fonctions et même qualifié de « premier policier de France » par le ministre de la justice. 

 

● Alexandre Stavisky chez Modiano

 

Dans La ronde de nuit (1969), Patrick Modiano mentionne plusieurs fois Stavisky.

Le narrateur Swing Troubadour se dit même son fils :

« Une telle soif de respectabilité me bouleversait car je l’avais déjà remarquée chez mon père, Alexandre Stavisky. » (p135)

 

Dans le roman suivant, Les boulevards de ceinture (1972), le narrateur se fait appeler Serge Alexandre, le pseudonyme de Stavisky :

« Au fait – il m’a regardé en fronçant les sourcils – je ne connais même pas votre nom…

- Serge Alexandre.

- Je m’étais inscrit sous cette identité au registre de l’auberge. » (p44).

 

 

 

Photo figurant sur la fiche de police de Stavisky (juillet 1926)

 

 

 

 

 

 

L’affaire Stavisky vue par Alain Resnais, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre (1974)